MARVAYUS (Chloé De Wolf et Joël Larouche)
À partir d’une branche morte tombée sur l’eau de la Laide Heid, les artistes sont intervenus subtilement avec des pigments naturels colorés afin d’accentuer l'image poétique qu'elle donne d'un oiseau. Un héron, habitué du parc, vient régulièrement s’y perché ainsi que de nombreux oiseaux.
L’œuvre participe à la volonté du Festival des 5 Saisons de maintenir du bois mort dans les espaces publics en raison de la richesse écologique qu’il constitue lorsque insectes et champignons le colonisent.
2. L'Arbozotus
MARVAYUS (Chloé De Wolf et Joël Larouche)
Les tronçons d'un arbre abattu – car ce dernier constituait un danger pour les visiteurs – forment l’ossature presque complète d’un arbre d’un autre temps. À la manière des squelettes exposés dans les musées d'histoire naturelle, des tiges métalliques soutiennent l’installation, conférant à l'ensemble le curieux statut d'objet précieux. Restitué en position couchée, près du sentier, une partie de sa colonne vertébrée vous invite à vous y asseoir.
3. L’Étang du cœur
En sortant du film de science-fiction de James Cameron - Avatar, l’artiste a décidé d’imaginer un cœur virtuel en lui attribuant un volume, un poids, une circonférence et une hauteur à partir de laquelle il serait tombé, telle une météorite, au cœur du parc de Hauster.
« Qu’adviendrait-il si la virtualité se manifestait ? » interroge l’artiste…
C’est dans l’expérience du temps que l’œuvre révèlera toute sa signification. Ce cœur en creux provoqué par l’impact de la chute va accueillir progressivement l’eau, la faune et la flore. Il ne restera un jour que le souvenir de celui-ci. La nature l’aura complètement investi, enseveli… Il deviendra alors un étang.
4. Babel végétal
À partir de quatre arbres coupés – chêne d’Amérique, hêtre, épicéa commun et merisier, l’artiste empilent les troncs pour former une seule tour végétale et rendre ainsi une seconde vie à du bois mort. Bob Verschueren aurait-il imaginé cette œuvre métaphorique pour nous rappeler que chaque essence d’arbre évoque un langage de signes qu’il nous appartient d’identifier pour l’apprécier et le respecter ?
5. Tableaux-composteurs : série 1, 2 et 3
L’artiste propose une mise en scène des processus naturels de décomposition des végétaux. Si le mot « tableau » évoque la peinture et l’univers artistique, le second terme indique clairement qu’il s’agit de matières organiques. L’installation interactive invite les visiteurs à glaner dans le parc les éléments destinés à compléter la composition. Lorsque le réceptacle transparent est saturé, une trappe permet de faire glisser le tout dans un bac récolteur situé à l’arrière du dispositif.
Trois mois plus tard vient le temps de la récolte d’un humus très apprécié comme engrais. Le cycle reprend à nouveau, au gré des compositions aléatoires – formelles ou chromatiques – réalisées par les promeneurs.
6. Skin 2
La sculpture s’inscrit dans l’interaction entre le pincement de la couche supérieure de la pelouse et le soulèvement de celle-ci par une pince à linge de six mètres de haut. L’artiste joue avec les échelles et les proportions : nous voyageons dans l’univers de Gulliver pour mieux nous rappeler que l’on marche sur une peau que l’on appelle la planète Terre.
7. Les Vanités du Ginkgo – Installation à l’ombre du ginkgo
Dans de petites sépultures transparentes, des feuilles de ginkgo cousues finissent leur vie dans des chromatismes et des formes aléatoires. Les feuilles se dessèchent, se contractent, quittent leur tranquille horizontalité pour se dresser vers le ciel, se recroqueviller et subir d'imprévisibles transformations...
En vis-à-vis, sur la façade de la clinique esthétique du château, l’artiste nous présente un état arrêté de ce processus de lente décomposition.
8. Le Jardin des Cycles
MARO AVRABOU et DIMITRI XENAKIS
Qu’adviendra-t-il des barils de pétrole lorsque cette énergie non renouvelable aura disparu ? Les artistes nous proposent déjà une alternative : le réemploi de ceux-ci pour accueillir quatre catégories de plantes : les aquatiques, les aromatiques, les vivaces et les arbustes. Leur parcelle de terrain met en scène le label de la double flèche du recyclage. Elle invite le visiteur à s’y promener sur un tapis de verres bleus érodés.
9. Les 5 Saisons
MARVAYUS (Chloé De Wolf et Joël Larouche)
Marvayus a saisi l'opportunité d'un groupe de bouleaux postés en bord de route pour évoquer le logo du Festival des 5 Saisons – constitué d'une suite de bâtonnets chromatiques. L'analogie est évidente, les arbres semblent presque avoir été plantés à cette fin. Le choix rigoureux des couleurs a permis de s'assurer de leurs qualités respirantes et biocompatibles.
10. Le Trio inaccessible
Trois peupliers remarquables menaçaient de disparaître complètement du paysage du parc en raison du danger qu’ils représentaient pour le public. L’artiste proposa cependant de prolonger la vie des troncs en les ajustant à des hauteurs différentes.
Il imagina ensuite d’y planter à leur sommet trois jeunes arbres de la même essence dont la principale caractéristique des feuilles est de frissonner au moindre vent.
L’œuvre symbolise ainsi trois chandeliers, trois flammes d’espoir qui s’éclairent au crépuscule.
11. Squat
Imaginez un nuage d’étourneaux qui rentrent chez eux. Dans un arbre condamné à terme, l’artiste a installé un immeuble à 24 appartements sous la forme d’une commode. Les oiseaux accepteront-ils de vivre comme nous ? Selon les ornithologues, cette espèce apprécierait la cité dortoir.
12. Les Vanités du Ginkgo, photographies
L’artiste a récolté des feuilles de ginkgo pour les recoudre à notre envie de vivre. Avec une aiguille et des fils de couleurs, dans la chair des feuilles, elle fait des points de suture sur l’arcade du temps.
Une fois assemblées, l’artiste les photographie sur un fond blanc pour obtenir une image clinique et figée alors qu’à l’autre bout du parc un dispositif met en scène leur lente décomposition.
13. Parcours ascensionnel
L’artiste nous propose une architecture en bois de mélèze sous la forme d’une spirale. Protégé des regards, le visiteur entame un parcours intime – proche de l’écorce de l’arbre et des branches – qui débouche sur une impossibilité d’aller plus loin sinon dans l’imaginaire ou la contemplation du parc par de petits trous percés dans la palissade qui nous protège d’une chute possible, parce que l’on a pris de la hauteur dans ce remarquable tulipier.
14. Sépulture pour un chêne
Le rituel de la mort est scénographié autour d’un arbre – abattu avant qu’il ne tombe en raison de son mauvais état phytosanitaire. Alors que le tronc déposé sur un lit de pommes de pin se décompose, déjà un jeune chêne lâche ses premières feuilles. Eternel recommencement… Ici, faire œuvre relève d’un processus de délégation où la nature se charge du renouveau de la vie.
À différents moments de l’année, l’artiste imagine de rendre hommage au chêne par une cérémonie consistant à modifier la nature du recouvrement du sol. Glands, noyaux, feuilles mortes, graines locales apporteront une ponctuation colorée dans le calendrier des saisons.
Lors d'une cérémonie, des glands seront semés autour du tronc qui lentement se décomposera ; un bosquet de jeunes chênes remplacera le vieil arbre mort…
Avec cette installation, Michel Davo nous interroge sur le cycle de la vie en perpétuelle renaissance.
Pour une première découverte du parc et des oeuvres, visionnez le reportage de RTC et de Télétourisme (la Une).