FESTIVAL CINQ SAISONS


Parc de Hauster
Rue Hauster 9,
4051 Chaudfontaine

Une initiative de la Commune de Chaudfontaine en partenariat avec Lieux-Communs, pour l'édition 2017.

Historique paysager et artistique du festival


Le Festival des 5 Saisons a été créé en 2009, à l’initiative de la commune de Chaudfontaine, en partenariat avec deux associations : « Façons de voir » &« Les Ateliers d’Art contemporain ». Une équipe d’accompagnement du projet a intégré des responsables politiques, des administratifs de la commune, la directrice artistique - Dorothée Luczak – et une architecte paysagiste, Rita Occhiuto.

 

L’étude a commencé par une analyse fine du territoire de Chaudfontaine. Les recherches historiques ont permis de comprendre comment le système des ressources paysagères, combiné aux actions humaines a formé le site finalement dévolu au festival. Ce dernier couvre une superficie d’environ quatre hectares comprise entre « SourceOrama », les « Belles Fontaines », la place de l’Esplanade et le parc de Hauster.


Notre recherche a visé à repositionner ce fragment de territoire au sein d’un système géomorphologique auquel il appartient : la Vesdre. Cette rivière a formé au fil du temps une vallée relativement étroite, marquée par une alternance de segments droits et de méandres serrés. Ces différents tracés mettent en scène un paysage sinueux, alternant des espaces ouverts aux plaines bien éclairées à des tronçons d’espaces plus encaissés.

 

Les principales options du projet furent structurées autour de quatre systèmes principaux :

  • les clairières (ou étendues engazonnées) ;

  • les parcours (le parcours des ricochets, le parcours de lisière, la crête d’expérimentation, le chemin tactile) ;

  • les formes végétales ;

  • les milieux des eaux.

Dans ce contexte, le parc de Hauster est envisagé comme une « pièce » unique, spécialisée, forte de qualités propres en lien avec les composantes naturelles et culturelles de la vallée, dédiée au développement durable et au respect des écosystèmes. Ce territoire comprend plusieurs faces. Il est connu comme parc public, espace d’agrément et de loisir mais aussi comme lieu de détente thermale.


Le projet du festival est volontairement sobre en apport de transformations formelles paysagères immédiates. D’une part, il procède par affinements successifs. Il joue avec le temps et les rythmes des saisons et, d’autre part, il intègre les apports neufs seulement lorsqu’ils sont mûris et partagés. La programmation artistique – en utilisant les matériaux de la nature ou en s’en inspirant in situ – doit permettre de mettre en relief la variété des explorations possibles et de faire découvrir au public l’art contemporain.

 

Histoire de Chaudfontaine et du thermalisme


La formation du village de Chaudfontaine ne remonte qu'au début du 18e siècle après la première exploitation des sources thermales.


On peut supposer que les sourdons d'eau chaude ont dû exister depuis longtemps. Mais c'est à Simon Sauveur, simple paysan, locataire de la prairie « en désavéa », que revient l'honneur d'avoir imaginé d'exploiter l'eau chaude. Dès 1676, il aménage un petit bassin pour recueillir l'eau chaude et installe une pompe rudimentaire qui va alimenter les premiers bains dans une hutte en argile. Les bienfaits de ces bains remportent un vif succès que Simon Sauveur n'a pas les moyens d'assumer.

Un don du Prince-Evêque de Liège donne autorisation d'exploitation au propriétaire du terrain, Jean-Remy le Godet, avec obligation de construire des bains propres et commodes. Le premier Hôtel des Bains, digne de ce nom, date de 1714. Chaudfontaine devient bientôt le lieu de prédilection des Liégeois qui, dès ce moment, font le trajet en barque sur la Vesdre.


A partir de 1727, une route pavée supplante la liaison fluviale trop tributaire des éléments ; en 1824, la première pierre de la « route royale » est posée et les diligences se déplacent de Liège à Verviers. Quant au chemin de fer, construit en 1843, il permet à Chaudfontaine d'élargir ses horizons, tout au moins jusque dans les années 80.

L'exploitation des Bains continue tout au long du 19e siècle, mais dès 1830, la station thermale entre dans une période de stagnation. En 1842, on transforme l'établissement thermal en un Hôtel alliant confort et modernité. Il est remanié en 1924 et 1951 pour prendre l'aspect qu'on lui connaissait lors de sa démolition en 1982-83.

Les boissons à base d’eau de Chaudfontaine ont fait l'objet d'études scientifiques depuis le début du 18esiècle.  En 1926, l'eau est conditionnée en bouteilles et commercialisée par la Société Cristal Chaudfontaine à l'emplacement de l'usine toujours active.

De nombreux curistes ont fréquenté Chaudfontaine, parmi ceux-ci, Victor Hugo qui, durant son séjour en 1867, lui aurait attribué l'épithète de « Violette des stations thermales ».

Parallèlement à cette activité thermale, la station a également connu un essor industriel important. Dès le 16e siècle, mais principalement au 18e, la métallurgie s'est implantée le long des biefs de la Vesdre, utilisant cette énergie motrice pour actionner makas, fenderies et aussi clouteries. Napoléon accordera ainsi à Jean Gosuin, le monopole de la fabrication de canons de fusils, dont la décoration à Damas fera la renommée de la localité.

 

Sur la rive droite de la Vesdre, un établissement de jeux, le Kursaal, est installé depuis 1862. Le Kursaal est remplacé par le Casino en 1939 ; celui-ci est agrandi en 1960, rénové en 1974 ainsi qu’au début de ce siècle.

Le château de Hauster

La vocation industrielle de Hauster date du 16e siècle. En continuité, il est occupé par des fenderies, des « platineries », des laminoirs et des ateliers de grosse quincaillerie.

Dès 1709, le château est cité « comme une belle et commodieuse maison bâtie en forme de pavillon... ».

Le bâtiment est surmonté d'un clocheton bulbeux. On observe un cadran solaire dans le fronton d'une baie dans la cour intérieure.

Au siècle passé et jusqu'à son acquisition par la commune en 1961, il a été propriété des Nagelmackers, Lepage et Trasenster. L'usine a été exploitée jusqu'en 1955. Aujourd'hui restauré, il est reconverti en centre thermal.